Le temps, la ville et l’urbaniste

2 mai 2012

La pensée ricardienne

Publié par alias dans Economie & clusters

Les perspectives de développement économique et d’internationalisation sont très prégnantes dans les politiques menées par le Grand Lyon, dont l’orientation est qualifiée de « ricardienne » par le Directeur de l’Institut d’urbanisme de Lyon II et le Grand Lyon :

« Elle s’emploie à améliorer les biens collectifs locaux, les facteurs de production et le tissu organisationnel de la ville, afin d’attirer non pas tous les capitaux mobiles mais avant tout et surtout les activités exportatrices, ceci afin d’accroître la richesse du territoire, richesse qui pourra ensuite se diffuser sur l’ensemble de la population »

La structure de conduite opératoire s’appuie sur trois modèles économiques :

Selon David Ricardo, les économies locales ont intérêt dans une économie ouverte à se spécialiser dans les domaines où elles détiennent des avantages comparatifs les plus significatifs. Ces avantages sont liés à l’inégale distribution des techniques de production et aux relations interentreprises en face à face (cluster), à la quantité des facteurs de production (main d’œuvre) et leur qualité (formation) ainsi qu’aux biens collectifs (infrastructures).

Selon Raymond Vernon, les innovations naissent dans les centres dotés des plus hauts facteurs de production. Dans sa phase de lancement, elles sont distribuées dans le marché national. Lorsque ce dernier arrive à saturation, l’entreprise a tendance à exporter. En augmentant la taille de son marché, elle maintient ainsi la croissance de son chiffre d’affaire. Dans un troisième temps, les  débouchés arrivant à saturation, l’entreprise va alors avoir tendance à délocaliser une partie de sa production afin d’abaisser ses coûts de production et de transport. Plus la concurrence sera forte, plus les entreprises se délocaliseront. Les métropoles ont donc tendance à perdre les activités routinières les plus anciennes, elles doivent chercher à renouveler leur base économique en favorisant l’essor d’activités innovantes.

Selon Homer Hoyt, une distinction doit être opérée entre les activités fondées sur les échanges entre une économie locale donnée et l’extérieur (tourisme), de celles qui n’opèrent qu’à l’intérieur de l’économie locale (commerce de proximité). Seules les premières sont en capacité de faire varier la richesse globale de l’économie locale. Si elles sont dynamiques, leurs bénéfices augmenteront provoquant par là même une croissance de la richesse produite sur le territoire. L’activité des secondes est en revanche un jeu de somme nul pour l’économie locale (simple transfert d’argent entre les deux agents économiques).

Une école pessimiste et productiviste

David Ricardo est le fondateur de l’école classique anglaise qualifiée de « pessimiste » compte tenu des lois naturelles implacables qu’il expose et de l’existence d’antagonismes qu’il met à jour dans la société moderne ; à la différence de l’école classique française de Jean-Baptiste Say qualifiée d’ « optimiste » en raison de l’exaltation du rôle de la production et de sa confiance dans le développement industriel.

Les classiques distinguent les travailleurs productifs des travailleurs improductifs (fonctionnaires). La richesse des nations dépendrait de l’accroissement du nombre de travailleurs productifs relativement à celui des travailleurs improductifs. Keynes définit les classiques comme les successeurs de Ricardo, dont le point commun serait l’acceptation de la loi des débouchés. Selon eux, plus les productions se multiplient, plus les débouchés deviennent faciles. Si un produit n’arrive pas à se vendre, cela s’explique par l’insuffisance de production de marchandises dans une autre branche de l’économie.

A propos de la rente foncière, Ricardo suppose que l’on met successivement en culture trois catégories de terres différentes, de la plus fertile à la moins fertile. Le profit est le régulateur de l’activité économique, l’unique source de formation du capital. Ricardo établit une relation inverse entre profit et salaire ; il est partisan du libre-échange.

P. Boino (Lyon II), Lyon : la production de la ville, PUCA/GRAND LYON, Parenthèses, novembre 2009.

J-P. Potier (Lyon II), Les économistes classiques, Cahiers français, La Documentation française, 2008.

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