Le temps, la ville et l’urbaniste

2 juillet 2011

Forum des Maires & pôle métropolitain lyonnais

Publié par alias dans Pôles métropolitains

Le futur pôle métropolitain lyonnais, lequel devrait voir le jour avant la fin 2011, n’est autre que l’institutionnalisation sous la forme d’un syndicat mixte fermé du G4 de la Région Urbaine de Lyon. 

La gouvernance : quelle représentation pluraliste ?

En son sein, 5 commissions ont déjà engagé une réflexion depuis deux ans. N’y participent que certains membres des exécutifs représentant les 4 intercommunalités à fiscalité propre, avec pour écueil, une représentation non proportionnelle des partis politiques (la commission culture n’est composée que de vice-présidents socialistes).

Le futur pôle, cette structure de coordination des 4 intercommunalités, ne sera pas en mesure de lever l’impôt et restera  très légère, souple et pragmatique dans ses moyens de fonctionnement. Son identité reste fédérative et non intégratrice, à la différence de la métropole (sur laquelle R.Barre avait échoué).

L’objectif étant de prendre au consensus un certain nombre de décisions relative à l’économie-universités, aux transports, à l’aménagement du territoire et à la culture-tourisme, charge aux 4 intercommunalités membres de mettre en œuvre le plan d’actions partagées.

Il me semble ainsi bien peu opportun de générer un surcroît de stress parmi les cadres des intercommunalités existantes, en leur faisant croire à une éventuelle perte de maîtrise, alors qu’ils sont déjà fortement sous tension. 

L’économie : quelle articulation avec les réseaux des villes ?

Sur l’économie : La Capi est reconnue comme première plateforme logistique et serait offensive dans le secteur de la construction, St Etienne Métropole a pour atout le design et l’optique, Vienne agglo s’oriente sur les industries créatives et le Grand Lyon se démarque sur la santé et les cleentech.

Le pôle métropolitain aura pour feuille de route la réalisation d’un schéma d’accueil des entreprises sur 16 sites stratégiques d’intérêt métropolitain (localisation non communiquée).

Il réfléchira également à la mise en place d’un outil de prospective commun à l’international, ce qui à mon avis nécessitera aussi de prendre en compte une meilleure coordination avec les politiques régionales à l’international, certaines structures faisant doublon.

Enfin, si le G4 s’est rapproché des universités, il lui reste encore à mieux associer les acteurs économiques à la réflexion. Qu’en sera-t-il des chambres consulaires, lesquelles ne peuvent adhérer à ce syndicat mixte ?

Et quelle sera l’articulation du pôle avec le Réseau des villes-centre et des grandes agglomérations de Rhône-Alpes, animé par la DGDU du Grand Lyon,  laquelle travaille sur l’évaluation des pôles de compétitivité et sur la coordination des PRES à une échelle inter pôles métropolitains, il n’en sera question…Pourtant, cette instance informelle partenariale, proche de la forme associative, permet d’associer plus largement les acteurs…

Les transports : quelle place pour les Départements ?

Sur les transports : Le pôle réfléchira à une nouvelle tarification zonale unique (carte orange), à une mutualisation sur le covoiturage, ainsi qu’à l’harmonisation des réglementations en matière de logistique urbaine. Il conduira aussi une réflexion sur les investissements métropolitains (parcs relais, capacité de mieux peser sur les décisions de la Région, la SNCF, RFF..).

Le pôle définirait les orientations stratégiques appelées à être mises en œuvre par une nouvelle Autorité métropolitaine de mobilité durable (AMMD), dans laquelle siégeraient le Sytral, le G4 et la Région.

Il ne sera donc pas question du Département du Rhône et de sa tentative de rallier les communautés de communes dans son propre syndicat mixte. Le Conseil Général, non invité dans l’immédiat à la table des négociations de la future AMMD, quoique membre du Sytral, tente ainsi de créer un syndicat mixte avec les 4 communautés de communes CCEL, CCVG, CCVL, Villefranche, et peut-être Mornant.

Ce point sensible ne sera de toute façon pas abordé lors du forum des Maires organisé ce 28 juin 2011.

L’aménagement : quelle cohésion sociale ?

Sur l’aménagement : Le pôle métropolitain n’aura pas vocation à se substituer aux intercommunalités, sa feuille de route ne consistera pas à créer un super SCOT ni un super PLH, mais à mener des actions concrètes.

Celles-ci porteront sur la densification aux abords des gares (projet urbagare : chaque collectivité a lancé un appel à projet), l’aménagement d’une voie verte des confluences, la prise en compte de l’agriculture périurbaine en synergie avec les opérateurs.

Le pôle métropolitain ne s’interdira pas de réfléchir à l’habitat et aux questions foncières. Ce dernier aspect fut d’ailleurs soulevé par les 4 conseils de développement, lesquels s’inquiétaient du peu de place accordée à la politique de l’habitat dans la réflexion.

Force est de constater que la Direction générale du Grand Lyon n’y voit pas plus clair : coopétition économique, d’accord, mais cohésion sociale, quesaco ?  Pourtant, la DGDU du Grand Lyon n’a pas à rougir de sa politique de l’habitat et du logement…

Le tourisme : comment se coordonner avec l’OIN de St Exupéry ?

Sur la culture : Le pôle sera en charge de la promotion des 4 biennales afin de permettre à un large public de s’approprier la démarche. La culture servira donc de porte d’entrée à une meilleure démocratisation de cette institution ainsi qu’à son acceptation sociale. Reste bien sûr, à trouver un nom à ce fameux pôle ?

Les 4 conseils de développement insistèrent sur les conditions de sa réussite : mener des actions visibles pour un meilleur service public, labelliser des projets d’intérêt métropolitain pour créer une culture commune, s’assurer d’une gouvernance fédérative et non centralisatrice en respectant le principe de subsidiarité et les identités de chacun, associer l’ensemble des territoires interstitiels à la réflexion sur les transports, faire une place à la société civile.

Sur l’aéroport : Le Président du Grand Lyon s’interroge sur la façon dont le territoire sera relié au monde et estime nécessaire que les collectivités constituent un bloc local pour rester maîtres de leur destin par rapport aux groupes privés.  

Face à l’OIN de St Exupéry, le Président de la CAPI estimera avoir besoin d’un outil d’aménagement partagé et pense nécessaire d’accompagner ce territoire sur une dynamique métropolitaine, sous couvert qu’il soit volontaire (et gagne en intelligence).

Le fait que cela soit des opérateurs privés et non le secteur public qui construisent ce territoire, le fait que la ligne T3 doive s’arrêter à l’est en bordure du Département, est pour finir considéré comme étant regrettable par le Président du Grand Lyon.

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