Le temps, la ville et l’urbaniste

17 janvier 2011

Paris périph de Richard Copans

Publié par alias dans Aménagement & urba

La Maison du Livre, de l’image et du son “François Mitterrand” de Villeurbanne organisa une belle rétrospective documentaire sur des projets urbanistiques. Parmi les films projetés : Paris Périph de Richard Copans, révèle ”une confrontation dynamique des échelles, des formes et des usages, qui prend ainsi une dimension poétique”.  Cet excellent réalisateur fut producteur des Films du passage puis des Films d’ici.

Qu’est-ce que le périphérique ? Un repère par les portes pour le banlieusard, un ailleurs pour les parisiens, un espace de transition pour tous, un endroit par lequel on passe mais où l’on ne va pas, sans destinée. Il ne porte pas le nom d’un illustre personnage, mais juste sa fonction. Il ne figure dans aucun annuaire mais apparaît sur toutes les cartes. Paris est dedans, la banlieue dehors. A la fois périphérique interne et externe, il incarne une double fontière. Infrastructure autoroutière, la Ville de Paris le considère comme un simple boulevard. Plus qu’une rue, il s’agit d’un territoire. 

Sur Saint Mandé, le long du périphérique, un cimetière. Sur Montrouge, le mur antibruit revêt une allure peu esthétique. Sur Bagnolet, les routes se croisent mais le parking relais de dissuasion n’a pas fonctionné, il fallut attendre l’aménagement d’un centre commercial pour qu’il commença à se remplir. L’image, posée, est trompeuse. Le réalisateur cite alors Breton “Je cherche l’or du temps”.  Un hôtelier explique que le périphérique, invivable pour les habitants, est un atout pour l’économie : Paris a trois périphériques, Pékin six. 

Pensé en 1937, le périphérique fut inauguré en 1973. Les HBM ont ét construits beaucoup trop près de l’infrastructure alors qu’on la prévoyait déjà. Pétain estimait alors que les périphériques devaient séparer la ville des taudis. Porte de Bercy, des sdf y ont trouvé un refuge bien provisoire. Rue de la clôture Paris 19e, une caravane pour sans abri a été intégrée dans un des piliers du périph’, le bruit est assourdissant. La solitude aussi.

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