Le temps, la ville et l’urbaniste

17 janvier 2011

L’après ville des flux selon Olivier Mongin

Publié par alias dans Aménagement & urba

Selon Olivier Mongin dans « La condition urbaine », de nos jours, les flux l’emportent sur les lieux, si bien que l’avènement d’une civilisation en réseau pourrait bien avoir raison des valeurs urbaines. Des chercheurs évoquent ainsi l’après-ville, l’urbain généralisé.

L’accélération du mouvement d’urbanisation, la croissance des villes asiatiques, africaines ou sud-américaines est proprement inimaginable et la ville classique, avec un centre et une périphérie, disparaît au profit d’une monde de réseaux, de connections, de multipolarité.

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à l’illimité, du fait de la démographie mais aussi du virtuel. La ville globale, branchée sur le monde, est celle qui réussit cette mutation.

Pour autant, la France est restée sur cette vision traditionnelle du centre et de la périphérie.  Cela tient de notre culture politique centralisatrice. L’urbain (grands ensembles, politiques de la ville, projet Grand Paris) n’a jamais été que le prolongement de l’Etat. Malgré la décentralisation, l’Etat continue d’imposer sa vision.

Or, la multipolarité et la mondialisation supposent un monde horizontal, alors que l’Etat est vertical, expliquera Olivier Mongin. 

Et tandis que l’urbanisme suppose une agglomération des savoirs, nous avons affaire à des starchitectes ; le néolibéralisme, contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas le tout marché, c’est l’Etat qui se met au service du marché.

La puissance publique met en place le système de la ville globale, lequel consiste à interconnecter certaines villes en réseau, sans se préoccuper de leur environnement proche ni des autres villes.

Le virtuel multiplie les possibles mais il entraîne également une dépréciation de l’espace proche, tandis que nous avons tous besoin d’une inscription physique.

A la logique « centre-périphérie », Julien Gracq dans « La forme d’une ville » lui opposa une « systole-diastole » (contraction-dilatation) : les modernes considèrent en effet les limites comme étant poreuses.

Si les flux sont plus forts que les lieux, il faut faire des lieux qui résistent aux flux tels que des places publiques. 

Penser la culture urbaine implique alors la prise en compte des rythmes et des strates qui font l’expérience urbaine : le parcours résidentiel, l’espace public et l’expérience scénique.

Portzamparc dira qu’une ville c’est de la durée, ou dit autrement, l’urbanisme reviendrait à fabriquer du temps dans l’espace.

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