Le temps, la ville et l’urbaniste

17 janvier 2011

De la qualité urbaine et paysagère

Publié par alias dans Aménagement & urba

Lors du congrès de l’Association des Maires de France, le Président de la République a orienté son allocution sur  l’excès des normes qui s’imposent aux collectivités territoriales, allant jusqu’à faire miroiter « plus aucune nouvelle norme » aux édiles locaux, tandis que le Président de l’AMF demande « plus de souplesse et de progressivité dans l’application des normes » tout en ne remettant pas en cause leur bien-fondé, mais en demandant des subsides de l’Etat lorsqu’il impose aux collectivités des coûts supplémentaires de son propre fait.

Le Président de la République s’en prit également au droit de l’urbanisme, appelant a contrario à un durcissement des règles. La réforme en cours du droit de l’urbanisme devrait ainsi conduire les collectivités à n’adopter qu’une seule règle concernant les alignements de façade, alors que jusqu’à présent, elles pouvaient opter dans leur PLU pour une implantation à l’alignement ou une implantation en retrait, sans toutefois choisir les deux options à la fois.

Les services instructeurs s’inquiètent de la nouvelle tournure que pourraient prendre ces nouvelles règles sclérosantes. La précédente réforme ayant raccourci les délais d’instruction, les orientations architecturales se jouent bien en amont du dépôt des permis et se concrétisent dans un rapport contractuel plutôt informel. La qualité urbaine ne se gère pas tant par des prescriptions, mais par la capacité que les élus locaux ont à emboîter les échelles.

La rigidité de ces nouvelles règles renvoie à l’image de l’urbaniste bétonneur, éloignée de celle du paysagiste pacifiste. Se préoccuper de l’intégration paysagère implique de prendre en compte un espace dynamique, le vécu du quotidien. Or, on assiste déjà à une banalisation des territoires, des entrées de ville et ce phénomène ne pourra qu’en sortir renforcé.

Les instructeurs se demandent également comment concilier image passéiste et innovation, le pastiche néoprovincial au modèle cubique en bois avec toiture végétalisée : n’existe-t-il pas d’autres architectures contemporaines contextuelles ? Les lotissements pavillonnaires, trop souvent non réversibles, sont voués à disparaître. Les logements sociaux, placés sous maîtrise d’ouvrage des institutions, seraient plus propices à l’innovation, mais cette architecture n’est-elle pas imposée à leurs locataires ? Quid de l’intégration des TIC dans l’espace public ?

Les grandes structures paysagères sont habitées de pentes, d’ouvertures visuelles et lignes de fuite, de trames vertes et bleues, de fronts bâtis, d’éléments insolites et repères. A partir de la trame foncière pré-existante, le paysagiste cherche la limite de l’urbanisation, tout en sachant que les territoires périurbains, en mutation, sont aussi les plus intéressants à retravailler

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